Le plus ancien Fleuron du patrimoine de la Faculté de Médecine

Le Jardin des Plantes est le plus ancien fleuron du patrimoine de la Faculté de Médecine. Plus de quatre siècles d’histoire commune unissent sans interruption ces deux institutions. Leur complémentarité découle d’un objectif commun, la connaissance, l’exaltation et la sauvegarde du vivant, de l’être humain pour la Faculté de Médecine, du monde végétal pour le jardin botanique.

Au Moyen-Âge, Montpellier s’impose comme une cité commerçante, bien placée au contact de la mer, de la plaine et de la garrigue. Il s’y vend de simples épices pour la consommation courante mais aussi à usage thérapeutique. La médecine et plus généralement l’enseignement médical s’y développent. Parmi les enseignants, d’illustres savants occupent les chaires. Gui de Chauliac et Arnaud de Villeneuve furent des précurseurs, Michel de Notre Dame dit Nostradamus et Rabelais des élèves notables. Tous se préoccupent de Botanique.

Guillaume Rondelet fondateur de la botanique scientifique, à l’occasion d’un arrêt des grands jours de Béziers en octobre 1550, officialise l’herborisation. La cité sera l’une des principales capitales de la botanique mondiale jusqu’à nos jours.

Un Jardin des Plante trouve sa raison d’être, sinon dans la cité au moins dans l’esprit de ceux par lesquels le rayonnement de la ville se fera. Rondelet n’est-il pas lui-même le fils d’un « aromatarius » , c’est-à-dire d’un marchand d’épices? Son temps voit naître un modeste « hortulus » attaché à l’Université de médecine. Qui aurait pu dire alors qu’apparaîtrait bientôt, de la volonté d’Henri IV exprimée au terme de deux lettres patentes du 8 décembre 1593 et grâce à un passionné, le prestigieux Jardin Royal de Montpellier, 40 ans avant que Paris ne vît éclore le sien ?

46 460

m² de superficie

2 200

espèces de végétaux à ciel ouvert dont 760 arbres

1 000

espèces de végétaux en serres

Accès

Transports en commun :

  • Tramway : ligne 1 et 4,  Arrêts Albert 1er – St Charles // Cathédrale
  • Bus : n°6, 7 ou 16 : arrêt “Peyrou”

Entrée du public : Bd Henri IV – Parking payant à proximité – “Pitot”

Infos pratiques

Adresse : Boulevard Henri IV – 34000 Montpellier

Horaires :

  • Eté (1er juin – 30 septembre) : Le Jardin est en accès libre et gratuit tous les jours de 12h à 20h sauf le lundi.
  • Hiver (1er octobre – 31 mai ) : Le Jardin est en accès libre et gratuit tous les jours de 12h à 18h sauf le lundi.

Visites guidées : sur demande.

Contact : jdplantes@umontpellier.fr – 04 34 43 36 20

Actualités

Le jardin royal

C’est au médecin Pierre Richer qu’il convient dès à présent de rendre hommage, car c’est lui qui concrétisa, peu avant la fin du XVIe siècle, ce que la pensée des précurseurs avaient jadis cristallisé, en créant à Montpellier « un jardin royal » pour l’enseignement des plantes aux futurs médecins et apothicaires.

En 1662, sous le règne de Louis XIII, le premier « jardin médical » de Richer (ennobli sous le nom de Belleval) fut anéanti pendant le siège de Montpellier. Cette destruction entraîna, par contre coup, la création d’un second jardin royal à Paris, jardin qui ne fêtera son quatrième centenaire qu’en 2035.

Richer consacrera, sa vie durant, tous ses efforts et sa fortune à mener à bien ce projet. Il rétablit le jardin de Montpellier sur ses propres deniers et consacra les dix dernières années de sa vie à son embellissement en réparant inlassablement les outrages que lui avait fait subir la guerre civile. Par sa passion et par son oeuvre, Richer de Belleval s’inscrit dans la tradition des botanistes montpelliérains.

Dans l’Ancien Régime, le Jardin montpelliérain a connu d’éminents médecins-naturalistes comme Pierre Magnol, le plus grand botaniste de son époque, François Boissier de Sauvages, correspondant de Linné, Paul-Joseph Barthez, Antoine Gouan et bien d’autres. C’est dans son Ecole systématique, au rayonnement universel, que fut élaborée une première classification des plantes par famille et divulguée la méthode linnéenne en France. Ce haut lieu scientifique est consacré par les bustes de tous les savants qui ont oeuvré ici.

Véritable prouesse technique par la savante utilisation de l’ombre et du soleil, le jardin devint bientôt un paradis pour l’esprit humaniste, illustré par des maîtres aussi habiles en médecine qu’en botanique ou en anatomie. Il est le rendez-vous donné par les vénérés maîtres, tant aux étudiants qu’aux curieux, durant lequel, parfois en compagnie de jardiniers, ils parcourent les allées à la découverte des plantes utiles ou curieuses. On y devise autant que l’on enseigne. On y expérimente autant que l’on observe, et cette tradition demeure pendant tout le XVIIIe siècle durant lequel le Jardin Royal est le théâtre d’un enseignement public.

200

visites universitaires d’étudiants de pharmacie et de sciences

3 000

élèves en visites scolaires

30

stagiaires en professions agricoles et paysagères

Une seconde jeunesse

A la fin du XVIIIe siècle, ce jardin faillit disparaître en même temps que l’enseignement de la médecine. Il connaît une seconde jeunesse à partir de 1800, du temps d’Auguste Broussonet, d’Augustin-Pyramus de Candolle, d’origine helvétique, et d’Alire Raffeneau-Delile qui entretenaient d’étroites relations avec le Muséum. Son renouveau est marqué par une belle orangerie datée de 1804. A deux reprises sa superficie augmente considérablement, entre 1808 et 1851, grâce à la municipalité de Montpellier qui acquiert divers terrains et en fait don à la faculté de Médecine. Sur désormais 4,5 hectares, le nombre des espèces en culture peut être, dès lors, augmenté notablement.

Nombreux sont les naturalistes qui ont perfectionné leurs connaissances lors d’un séjour à Montpellier, comme Thomas Platter, futur anatomiste de Bâle, Ogier Cluyt, deuxième préfet de Leyde, Pierre-Joseph Garidel et Joseph Pitton de Tournefort, aixois et compagnons d’herborisation, Jean-Baptiste Fusée-Aublet, spécialiste des ligneux exotiques, Philippe Commerson, rendu célèbre par l’expédition de Bougainville, Jacques-René Quoy qui accomplira 60 000 lieues de navigation et décrira maintes espèces animales et végétales, et bien d’autres…

En 1889, le jardin avoisine un Institut de Botanique, créé par le professeur Charles Flahault. Cet institut, ayant actuellement pour attache l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc, est toujours un lieu de recherches, principalement dans le domaine de l’écologie.

Ouvert au public en 1841, il est fréquenté par une pléiade de botanistes, médecins et pharmaciens, écoliers et étudiants, mais aussi par des amateurs de la flore et des touristes, souvent étrangers au pays. Son charme romantique séduit de nombreux poètes, comme Paul Valéry et André Gide, qui viennent y méditer auprès du cénotaphe de Narcissa, une fabrique du XVIIIe siècle consacrant une légende touchante.

De ces épisodes glorieux, Montpellier conserve de nombreuses traces, et notamment différents herbiers, issus de dons et legs. L’herbier des médecins, commencé par Chirac et Chicoyneau au XVIIe siècle, est à l’origine d’une collection de quatre millions d’échantillons végétaux. Et de collections iconographiques sans prix.

La botanique médicale du Moyen-Âge fut le ferment de l’essor de la science botanique moderne à Montpellier. Le jardin des plantes de Montpellier correspond actuellement pour échanges de graines avec plus de 700 autres instituts similaires de par le monde.

Situé à l’angle du boulevard Henri IV et de la rue Auguste-Broussonnet, le Jardin des Plantes élève gracieusement vers le ciel ses frondaisons, témoins vivants et glorieux de l’enracinement d’une Université au cœur de sa ville. Jardin, Université et Ville demeurent liés par plusieurs siècles d’histoire commune, faisant de cette cité, aux dires d’Urbain V, «un riant jardin de science» .