Vestiaire

Le vestiaire contient les armoires conservant les robes des professeurs de la Faculté. C’est aussi dans cette salle que les étudiantes et étudiants s’habillent avant de soutenir leur thèse de doctorat en médecine. Elles et ils y revêtent encore aujourd’hui la « robe de Rabelais », sous le regard du maître, François Rabelais, docteur de la Faculté en 1537.

Cette coutume ancestrale a une portée pédagogique profonde. Elle rappelle aux futurs docteurs, que « Science sans Conscience, n’est que ruine de l’Âme »! Si leur tête est bien remplie après 10 ans d’études, il faudra dorénavant s’en servir avec éthique et responsabilité.

Cette salle abrite la toute première galerie des portraits de professeurs. Ces 59 tableaux majoritairement peints au 17e siècle représentent d’illustres chanceliers, doyens, professeurs et chirurgiens. Certaines figures, certainement peintes a posteriori, remontent aux origines de l’Université. Les médecins portent leur robe universitaire rouge foncé (dénuée d’hermine avant le 18e siècle), lorsque les barbiers-chirurgiens se distinguent par une robe noire.

On y cherchera les célèbres médecins du moyen-âge, Arnaud de Villeneuve et Gui de Chauliac, qui ont donné leur noms à des hôpitaux de Montpellier. Le premier est l’importateur de l’alambic arabe en Europe et le premier médecin proposant l’utilisation de l’alcool à des fins médicales pour la protection des blessures. Le second synthétisa toutes les connaissances chirurgicales connues de l’époque, incluant les innovations arabes, et produira un ouvrage pédagogique de chirurgie qui fera référence jusqu’au 17e siècle. Cette Grande Chirurgie de Gui de Chauliac, ou Guidon, sera traduite en plusieurs langues dont l’Occitan, version conservée à la bibliothèque de la Faculté. Y figure l’une des toutes premières représentations graphiques d’une dissection chez l’humain. En 1340, la Faculté de Montpellier est la première connue à ce jour à officialiser juridiquement les dissections dans un contexte universitaire, approuvées par l’évêque.

Si l’on peut chercher également les médecins connus de la Renaissance, tels Rabelais et Rondelet (immortalisé sous le nom du médecin Rondibilis dans les aventures de Panurge et Pantagruel), on ne pourra pas trouver Nostradamus. Ce dernier s’inscrivit pourtant à la Faculté en 1529. Deux immatriculations sont archivées à un mois d’intervalle à la Faculté, dont la première est raturée par Rondelet, chef des étudiants. le motif était que Nostradamus aurait dit du mal des docteurs en ville, et aurait préalablement reçu une formation d’apothicaire, ce qui était interdit à l’époque pour devenir médecin… S’il existe aujourd’hui des documents prouvant que Nostradamus exerça bien le métier de médecin, notamment dans la région, nous n’avons néanmoins pas encore pu mettre la main formellement sur son diplôme (archives perdues ou études inachevées?).

Toutes ces immatriculations étudiantes sont conservées dans les archives de la Faculté. Elles témoignent d’une partie de l’histoire de l’humanité, continue sur plus de 800 ans. Depuis le 1er décembre 2025, ces archives candidatent officiellement, avec d’autres documents en lien avec l’enseignement de la médecine à Montpellier depuis le 12e siècle, à l’inscription au registre mémoire du Monde de l’UNESCO, candidature soutenue par l’état français, portée par la Faculté de médecine et l’Université de Montpellier, la Ville et la Métropole de Montpellier, les Archives Départementales et le Département de l’Hérault.

Aujourd’hui encore, les nouveaux docteurs viennent remplir et signer le registre des thèses dans cette salle, après leur soutenance, perpétuant ainsi l’archivage de la communauté médicale montpelliéraine.