Vitrines

Les vitrines présentent différentes pièces en lien avec l’histoire de la faculté de médecine : décors sculptés, bustes, photos et objets traditionnels nous racontent plusieurs anecdotes.
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La vitrine de gauche contient :
• Un décor en marbre gravé par Charles-Alphonse Gumery, le sculpteur de la statue de Lapeyronie à l’entrée de la Faculté. Ce sculpteur renommé reçut le prix de Rome de sculpture en 1850 et séjourna à la Villa Médicis de 1851 à 1855. Il réalisa également les groupes de sculptures L’Harmonie et La Poésie, couronnements gauche et droit de l’Opéra Garnier à Paris. Ce décor en marbre représente une nymphe servant une coupe à Apollon, médecin, Dieu des purifications et de la guérison, père d’Asclépios, Dieu de la médecine. Ce décor pourrait provenir du séjour du sculpteur à Rome.
Anecdote : Ce décor fut découvert le 2 décembre 2011 dans les sous-sols de la Faculté par Lionel Eberlé, responsable du service technique et maintenance de la Faculté, lors d’une visite de sécurité. Un cartel explicatif lui rend hommage.
• Le prototype en plâtre de la main de l’étudiant du Monument Rabelais au jardin des plantes, tendant une coupe de vin : cette main s’était brisée et avait été recollée en 1986. La réparation ne tint pas et la main fut définitivement perdue. Elle a été reconstituée par le sculpteur Laurent Poggiale lors de la restauration du Monument en 2022. La main a été modelée sur place, d’abord en polystyrène puis en terre pour être ajustée plus facilement conformément aux documents d’archive. Après validation, le modèle a été déposé et moulé en plâtre pour l’exécution de la taille directe à échelle 1 en pierre de Fontvieille dont le résultat a été « greffé » sur le bras. Le moulage en plâtre a été remis à la Faculté pour être exposé dans la vitrine et être réutilisé en cas de nouvelle perte.
Anecdote : Cette main de l’étudiant portant un toast à Rabelais revêt une importance particulière pour la communauté étudiante de la Faculté. La coupe représente autant un hommage à l’auteur de Pantagruel, que la soif d’étudier, la liberté de penser, et l’accomplissement dans les études : en témoigne la Dive Bouteille émettant le son « Trinc » sur le côté du monument. La Dive Bouteille apparaît à la fin du dernier livre des aventures de Panurge, marquant l’achèvement d’un voyage initiatique. Panurge serait informé qu’il est suffisamment instruit pour décider désormais par lui même, dans une ambigüité ironique soulignée par l’invitation à trinquer. Celle-ci pourrait renvoyer à l’ivresse de la connaissance, au plaisir d’étudier, mais aussi à celle, plus satirique, des discours savants et des abstractions académiques que Rabelais tourne en dérision. Cette fin pourrait ainsi se lire comme un éloge d’une pensée libre, critique des savoirs clos, ouverte à une sagesse fondée sur l’expérience et la réflexion individuelle. La communauté étudiante de la Faculté célèbre encore cette œuvre littéraire chaque année lors d’une cérémonie au monument Rabelais (Cf. aussi la vitrine de droite).

La vitrine de droite est dédiée aux femmes pionnières de la médecine de la Faculté, et contient par ailleurs des éléments du costume universitaire :
• Reproduction d’une photographie de l’étudiante écossaise Agnès McLaren, 1ère étudiante inscrite à la Faculté de médecine en 1876, 1ère Docteure de la Faculté en 1878 (comme souvent à l’époque, elle avait commencé à étudier bien avant son inscription administrative).
• Photographie de l’étudiante russe Glafira Ziegelmann, inscrite en 1894, 1ère femme interne des hôpitaux de province en 1896, docteure en 1899, 1ère femme admise au concours du clinicat, 1ère femme admise à l’écrit anonyme du concours de l’agrégation de médecine à Paris en 1910.
• Toque de professeur, épitoge de docteur (chaque rang de fourrure d’hermine correspond à chacun des 3 grades universitaires : licence, master, doctorat)
• Faluche avec les pin’s de chaque bureau de l’Association Carabine Montpelliéraine qui fait ouvrir la vitrine chaque année pour y accrocher le nouveau pin’s de la promotion étudiante (la faluche est la coiffe étudiante des universités françaises depuis 1889, cf. infra).
• Buste de Joseph Grasset, 1er neuropsychiatre de la Faculté
• Buste d’Hippocrate
• Photographie de la cérémonie anniversaire du 7e centenaire de la Faculté en 1921, on remarquera la foule massée dans la cour d’honneur jusque sur les toits de la Cathédrale
L’entrée tardive des femmes dans la profession médicale en France
Bien que Agnès McLaren et Glafira Ziegelmann aient ouvert la voie aux femmes dans la médecine, il faudra encore plusieurs décennies avant que les femmes ne puissent pleinement accéder aux postes d’enseignement et de recherche dans les facultés de médecine françaises. L’agrégation en médecine, qui était autrefois un obstacle insurmontable pour les femmes, est progressivement devenue accessible après la Seconde Guerre mondiale, au prix de luttes acharnées pour l’égalité des sexes dans le monde académique.
Montpellier a ainsi joué un rôle pionnier en accueillant des femmes dès la fin du 19e siècle, contribuant à faire évoluer les mentalités et à faire reconnaître leurs droits à exercer et enseigner la médecine.

La Faluche : les spécificités montpelliéraines
La faluche, célèbre chapeau porté par les étudiant(e)s français(e)s depuis 1889, a une place particulière à Montpellier. Ici, la faluche comporte des crevés (ouvertures sur le chapeau) formés en croix de couleur sur son velours noir, une spécificité montpelliéraine qui la distingue des autres villes universitaires. Cette particularité qui est sensé figurer un chapeau de la Renaissance, est un hommage direct à Rabelais, qui fut étudiant et enseignant (docteur) à la Faculté de Médecine de Montpellier au 16ème siècle.
Lorsque la faluche a été adoptée en 1889 par les étudiant(e)s français(e)s pour représenter l’enseignement supérieur, Montpellier choisit de la distinguer en y ajoutant cette croix, dont la couleur est liée à la discipline de l’étudiant(e), le rouge foncé pour la médecine. Cette spécificité montpelliéraine fut acceptée par le code national de la faluche dès la fin du 19ème siècle, reconnaissant Rabelais comme figure de l’humanisme universitaire.
Le monument Rabelais, situé dans le Jardin des Plantes et offert en 1921 par la communauté étudiante pour célébrer les 700 ans de la Faculté, est un autre témoignage de l’attachement des étudiant(e)s à cette figure historique. Une anecdote est que le monument, qui représente un étudiant trinquant d’une main et tenant sa faluche montpelliéraine de l’autre, a vu sa main portant la coupe, brisée par les intempéries (Cf. vitrine de gauche). Lors de la rénovation du monument en 2022, dans les suites du 800ème anniversaire de la Faculté, la communauté étudiante a voté avec une majorité de voix pour s’opposer à la reconstruction de la main. Le motif était que l’étudiant(e) moderne ne méritait plus de trinquer, car n’étudiant plus avec la même ferveur, et n’ayant plus la même culture humaniste, que les carabins de l’époque de Rabelais. Finalement, après que le monument retrouva sa blancheur d’origine, l’absence de la main s’avéra si disgracieuse qu’il fut décidé de la restituer, si et seulement si suffisamment de documentation le permettait, pour éviter de créer un « faux historique ». Ce fut le cas, après plusieurs tentatives infructueuses, grâce à la mobilisation étudiante, entre autre, qui composa un riche dossier iconographique.
Note concernant la faluche : La direction et les enseignant(e)s de la Faculté travaillent de concert avec la communauté étudiante pour que les étudiantes et étudiants qui désireraient poursuivre la tradition de la faluche, en comprennent le sens historique (associatif, solidaire, et réflexif), dans le soucis de prévenir toute dérive qui pourrait se produire, en rapport ou non avec la faluche, dans les évènements étudiants, dont les évènements d’intégration et les soirées. Cette réflexion menée à la Faculté de médecine concerne tout évènement associatif étudiant, et plus globalement le cadre général des études et des stages.







