Salle du Conseil

De style Louis XVI, cette ancienne salle des appartements privés de l’évêque est, depuis la Révolution, la salle dédiée aux conseils de la Faculté. Ses tableaux et bustes présentent les chanceliers, doyens, professeurs, docteurs et chirurgiens principalement du 18e siècle, dont certains grands noms comme le chirurgien François Gigot de Lapeyronie, le médecin philosophe Paul Joseph Barthez, ou encore le célèbre botaniste Pierre Magnol (dont le nom sera attribué aux magnolias).

La Salle du Conseil

À l’origine, cette salle faisait partie des appartements privés de l’évêque. Si elle a peut être servi pour des réunions importantes, certains ont pensé qu’elle était autrefois un salon de musique, en raison des décorations représentant des instruments de musique en bas-relief au-dessus de la cheminée. Toutefois, les autres décors évoquent des scènes pastorales et des instruments agraires, typiques du style Louis XVI, ce qui ne fait pas de cette salle un potager pour autant!

Aujourd’hui, cette salle est utilisée pour les réunions du conseil de Faculté, où sont prises les décisions importantes concernant la gouvernance de l’institution.

Les nombreux portraits, bustes et décorations rappellent les grandes figures de l’histoire de la médecine, de la chirurgie, et de la botanique montpelliéraines au 18e siècle. C’est à cette époque que la robe universitaire rouge se bordera d’hermine.

Le buste de Jacques Mathieu Delpech : une figure tragique de la chirurgie montpelliéraine

Dans cette salle se trouve un buste de Jacques Mathieu Delpech, éminent chirurgien du début du 19e siècle, connu pour ses contributions à la chirurgie esthétique et à la prévention des infections nosocomiales (infections post-opératoires). Delpech est considéré comme un pionnier de la rhinoplastie.

Cependant, sa carrière s’est terminée tragiquement lorsqu’il fut assassiné par l’un de ses anciens patients en 1832. Ce patient, souffrant de paranoïa, accusait Delpech d’avoir violé le secret médical en révélant qu’il ne pourrait plus avoir d’enfants après une opération, accusation infondée. Le patient, déjà condamné pour des actes paranoïaques violents par le passé, revint spécialement de Bordeaux pour commettre son crime. Il attendit le chirurgien sur son trajet à la sortie de hôpital et le tua avec un fusil avant de se donner la mort.

Une statue de Delpech se trouve également dans le parc de l’Hôpital Saint-Éloi, en hommage à son travail dans cet établissement, il en était le chirurgien en chef.

Le tableau de Lapeyronie : une transition entre la chirurgie et la médecine

Un autre personnage majeur représenté dans cette salle est François Gigot de Lapeyronie (1678-1747), peint par le célèbre peintre catalan Hyacinthe Rigaud.

Dans son tableau, il est représenté en costume civil avec la robe rouge des médecins posée à son côté, bien qu’il ait d’abord été chirurgien. Ce détail symbolise l’époque où les chirurgiens accédaient progressivement au même statut que les médecins, marquant une évolution majeure dans la reconnaissance de la chirurgie comme science à part entière.

Chirurgien montpelliérain de renom et premier chirurgien du roi Louis XV, Lapeyronie a largement contribué au processus de reconnaissance de la chirurgie comme discipline académique indépendante de l’autorité des médecins. Il œuvra politiquement pour séparer professionnellement les chirurgiens des barbiers, et co-fonda le Collège royal de chirurgie à Paris, dont il sera le premier président.

Lapeyronie légua à son décès une partie de sa fortune pour que ses collègues montpelliérains puissent ériger le Collège royal de chirurgie dans sa ville natale. L’Hôtel Saint Côme fut un centre d’enseignement exclusif pour les chirurgiens jusqu’à la Révolution. Les chirurgiens le quitteront après, car ces derniers rejoindront définitivement l’école de santé, c’est à dire la Faculté de médecine.

Lapeyronie a donné son nom à un hôpital de Montpellier.