Interview du Vice-Doyen Etudiant Juan PUJOL

Bonjour Juan, pour celles et ceux qui ne te connaîtraient pas, peux-tu te présenter ?

Bonjour ! 

Je m’appelle Juan PUJOL, je suis étudiant sage-femme de troisième année au Département Universitaire de Maïeutique sur le Campus Santé Arnaud de Villeneuve. 

Je suis élu en Commission de la Formation et de la Vie Universitaire auprès de l’Université de Montpellier et également représentant étudiant en Commission Médicale d’Établissement auprès du CHU de Montpellier. Dans le cadre de ma formation, je suis délégué de la promotion 2024-2029 de Maïeutique à Montpellier.

J’ai fait le parcours PASS 2023-2024, à l’issue duquel j’ai été admis en filière Maïeutique. 

D’un point de vue plus institutionnel, je suis, depuis le 8 septembre 2025, Vice-Doyen en charge de la Vie étudiante, fonction plus connue sous les noms de « Vice-Doyen étudiant » ou « VDE ». Je suis par ailleurs le Président de l’ADEMMOOS, l’Association des Élus-Etudiants de Montpellier-Nîmes en Médecine, Orthophonie, Orthoptie, Sage-femme et Psychomotricité. 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans cette fonction de Vice-Doyen Étudiant ?

La fonction de Vice-Doyen est premièrement un engagement supplémentaire et complémentaire à celui de Président de l’ADEMMOOS. En effet, en présidant notre seule et unique association de représentation étudiante de notre UFR, j’occupe, grâce à mes collègues membres du bureau et élus, une place centrale, au carrefour de l’ensemble des promotions, de l’ensemble des filières médicales et paramédicales de la faculté. Il y a donc premièrement cette envie, qui m’est personnelle, de faire fructifier le travail de mes collègues en permettant une meilleure communication entre les différents acteurs de ce que j’appelle « la chaîne de représentation étudiante ». J’ai pour coutume de dire, comme je l’ai fait cette année auprès des promotions que j’ai pu visiter à l’occasion de leur amphithéâtre de rentrée : « Tout commence avec vous ! » ; « Vous êtes, chacune et chacun d’entre vous, acteurs de votre formation. » ou encore « Notre institution universitaire ne peut fonctionner sans vous, tout comme vous ne pouvez évoluer sans elle. ». J’ai donc ressenti cette nécessité d’assurer une continuité, que ce soit dans le présent avec ce travail que je vous ai exposé, ou en prolongement du passé pour assurer une stabilité, caractère fondamental d’une institution. C’est donc cet aspect institutionnel de la fonction Vice-Doyen qui m’a de suite « parlé ». 

À peu près simultanément est arrivée mon envie d’innover, raisonnablement, de porter ma pierre à l’édifice des 806 années d’histoire de la Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes. En effet, je suis le premier Vice-Doyen étudiant issu de la filière Maïeutique que connaît notre faculté. Une première à l’échelle de Montpellier, si ce n’est à une échelle plus conséquente. J’en arrive donc à ma deuxième source de motivation : l’interprofessionnalité.

Beaucoup d’étudiants ou de professionnels voient la multiplicité et la diversité des professionnels comme une contrainte administrative ou fonctionnelle. C’est une vision que je ne partage qu’à moitié car pour moi, la richesse issue de la pluridisciplinarité est bien plus importante que les autres difficultés. En d’autres termes et de manière générale, je souhaite transformer les contraintes en opportunités pour rendre aux étudiants une faculté et une offre de formation à l’image de leurs besoins, en réponse aux enjeux auxquels ils sont et seront confrontés. 

Comment vas-tu concilier tes activités de Vice-Doyen à tes obligations d’étudiant et tes autres postes ?

On parlait, il y a quelques secondes, de contraintes. Les miennes ne sont pas inhérentes à mes fonctions mais à la simple nature d’une journée de seulement 24h ! 

Plus sérieusement, je pense fermement que la clé de la réussite personnelle se trouve en partie auprès d’autrui, en d’autres termes, nous allons réussir, ensemble, de belles et grandes choses sur ce mandat 2025-2026 grâce à un travail d’équipe et de coordination majeur. L’organisation personnelle est bien évidemment un point fondamental mais je pense aussi aux autres, à leurs capacités et à leurs engagements. Il sera donc question de répartir la charge de travail auprès des différents éléments de la chaîne de la représentation étudiante dont je vous ai parlé. Cela nous fait donc revenir sur cette idée de richesse issue du collectif, permettant une meilleure représentativité des actions menées à l’échelle de l’UFR. 

Cette question est d’autant plus pertinente dans le contexte de l’étudiant sage-femme que je suis. En effet, en plus des cours s’imposent des stages cliniques, nombreux en troisième année. Ma vision des choses est donc d’établir des priorités : ma réussite universitaire d’une part, institutionnelle dans mes fonctions de Vice-Doyen et président d’autre part, ainsi qu’en tant que jeune étudiant. Je ne vais pas prioriser un des ces trois objectifs mais les faire cohabiter car je sais pertinemment que les trois sont interconnectés. Comme je le dis souvent à mes amis qui me posent la question et que je remercie infiniment pour leur vigilance et leur « sereine-inquiétude » à l’égard de la vie qui devient mienne cette année : « Le simple fait de vivre ma vie est déjà un épanouissement considérable, croissant d’année en année. Il n’est donc pas question pour moi de m’inquiéter mais de garder la tête haute et d’avancer. ». Pour finir, oui, ma famille et mes amis sont à la source d’une grande partie de mon bonheur quotidien. Je me considère profondément privilégié d’évoluer dans ce milieu là, qui est pour moi plus que favorable à l’engagement étudiant, au développement personnel et à l’épanouissement.

Quels sont tes objectifs et tes priorités pour ce mandat ?

L’année 2025-2026 est une année charnière à plusieurs titres. Premièrement, d’un point de vue pédagogique, les stages vont être une de mes priorités, qu’il s’agisse de stages au CHU de Montpellier ou dans les différents terrains de stages extérieurs. Le bien-être des étudiants et la qualité de la formation clinique reçue est une priorité de premier plan, la médecine s’assimilant mieux au chevet du patient. La R2C est aussi un sujet préoccupant, que ce soit en terme d’application locale de la réforme ou en matière de tenue des épreuves d’un point de vue logistique. Sur les deux points précédents un travail de fond sera nécessaire à la même hauteur qu’une adaptation locale aux impératifs réglementaires. 

A l’échelle de l’antenne montpelliéraine, nous observons depuis plusieurs années une crise bâtimentaire. Des remédiations sont en cours d’élaboration et permettront à terme d’offrir aux étudiants une meilleure accessibilité des bâtiments que ce soit sur le Campus Santé Arnaud de Villeneuve ou au sein du Bâtiment Historique. 

Au niveau de l’antenne nîmoise, je souhaite maintenir cet esprit d’intersite, favoriser l’égalité entre les sites pour garantir une formation optimale sur l’ensemble de l’UFR. Je vais mettre en place, grâce aux différents intervenants associatifs et institutionnels, une écoute plus approfondie de la voix nîmoise et répondre, dans la mesure du possible, aux nécessités de cette antenne. 

Pour l’ensemble de l’UFR, j’ai trois objectifs importants. Le premier, le bien-être des étudiants et la lutte contre les VSS. Le bien-être est une condition de possibilité d’une formation qualitative. Il est donc essentiel de le promouvoir, d’agir de manière préventive, et ce, pour l’ensemble des étudiants, toutes promotions confondues. Le deuxième, une plus grande proximité entre l’institution universitaire et les étudiants. Comme dit plus tôt, une faculté sans étudiant ne peut rien faire, et vice-versa. Cela nous amène au dernier objectif : la représentation étudiante. Porter la voix des 14 000 étudiants de l’UFR n’est pas une tâche aisée, mais elle est grandement facilitée par un travail de coopération étroit avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de représentation étudiante, notamment les élus-étudiants. 2026 fera naître un nouveau collège d’élus-étudiants chargés de représenter chaque étudiant dans les instances décisionnaires de la faculté. Mon objectif est de coordonner et accompagner ces acteurs, mettre en avant leur travail et par extension la voix de chacune et chacun des étudiants de notre faculté. 

Peux-tu nous expliquer comment vous envisagez de promouvoir la santé mentale des étudiants au sein de notre faculté, ainsi que les mesures spécifiques que vous comptez mettre en place en tant qu’association pour soutenir les étudiants confrontés à des défis liés à leur bien-être psychologique pendant leur parcours universitaire ?

La promotion de la santé mentale des étudiants est une de mes priorités. Là aussi, elle implique un effort collectif associé à un travail de fond sans cesse réactualisé. 

Du point de vue associatif, je vais mettre en place des démarches pour approfondir la formation des étudiants en santé mentale par le biais de formations Premier Secours en Santé Mentale (PSSM), des formations Sentinelle, etc… L’expansion et la diffusion du logiciel Gélules est aussi une voie privilégiée de recours via le signalement d’événements indésirables. Il est toujours plus simple de se décharger d’un fardeau, plutôt que de le porter seul, ma mission est là : être toujours ouvert, disponible et accessible aux étudiants. D’autre part, et comme introduit plus tôt, la santé mentale des étudiants est un effort collectif. Dans le cadre de mes fonctions de vice-doyen, je m’emploierai à être une force de proposition pour les équipes administratives afin de composer, entre étudiants et faculté, une partition harmonieuse en matière de santé mentale. 

Le mot de la fin…

En conclusion, nous devons continuer à relever de nombreux défis. Néanmoins, c’est là que se retrouve tout l’intérêt de l’engagement étudiant. Être Vice-Doyen n’est pas quelque chose d’anodin et je me le rappelle chaque jour depuis le début de mon mandat. Néanmoins, c’est aussi un havre d’opportunités, de diversité et de rencontres qui forgent la vie d’un étudiant, qui porte ces fruits. Pour tout cela, je suis extrêmement reconnaissant de la confiance que me portent l’UFR et l’ensemble des étudiants par le biais des élus, dans la réalisation de ce mandat. 

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! Merci !