Interview du Vice Doyen Philippe Deruelle, Président du Conseil Pédagogique
- Vous avez été élu Président du Conseil Pédagogique, pouvez-vous nous présenter votre parcours ainsi que votre spécialité ?
Mon parcours est celui d’un clinicien passionné par la transmission. PUPH en gynécologie-obstétrique depuis 2008, j’ai fait mes armes à Lille et Strasbourg avant de rejoindre la Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes en septembre 2023. Ma spécialité clinique m’a conduit à coordonner au niveau national l’enseignement du deuxième cycle pour ma discipline (CEGO), notamment la rédaction du référentiel et la création d’une banque nationale d’ECOS.
La pédagogie a toujours été pour moi un pilier fondamental, et non une activité secondaire. J’ai eu la chance de piloter la PACES à Lille pendant 8 ans, puis d’être Vice-Doyen en charge du 3ème cycle à Strasbourg. Plus récemment, ici à Montpellier-Nîmes, je co-coordonne le DU de pédagogie médicale. Mon identité est aussi marquée par les valeurs du judo, dont je suis ceinture noire : l’humilité, le respect et la sincérité guident mon action au quotidien.
- Comment comptez-vous concilier vos activités professionnelles avec celles de Président du Conseil pédagogique ?
C’est un défi d’équilibre, mais je l’aborde avec une méthode claire : la collégialité. Cette présidence n’est pas l’affaire d’un seul homme, mais celle d’un collectif engagé ; pour être efficace sans s’épuiser, je m’appuierai sur l’intelligence et le dynamisme de l’ensemble des membres du conseil.
Il est toutefois essentiel de rappeler que la pédagogie ne se limite pas aux murs de cette instance. Elle constitue l’ADN de tous les enseignants de notre faculté, quel que soit leur site ou leur structure d’exercice. Mon rôle sera d’animer cette passion commune et de faire en sorte que chaque enseignant se sente soutenu et valorisé dans cette mission de transmission qui est au cœur de notre métier. En structurant mieux notre gouvernance, notamment par un Département de Pédagogie Médicale doté de ressources adaptées sur chaque site, nous permettrons à chacun de s’investir pleinement sans entraver ses autres responsabilités hospitalo-universitaires.
- Quels seront vos contributions et vos objectifs ? Quels sont les projets que vous souhaitez mener à bien dans votre fonction ?
Notre ambition collective tient en une phrase : remettre l’Humain et la Clinique au cœur de la formation. Pour y parvenir, les priorités s’articulent autour de cinq axes de transformation :
- Sanctuariser le temps clinique et le raisonnement : Il est capital de réaffirmer la place centrale du stage et valoriser le raisonnement clinique et la sémiologie.
- Structurer un Département de Pédagogie d’excellence : avec Mme la doyenne, nous souhaitons renforcer le Département de Pédagogie Médicale et des Sciences de la Santé pour en faire un pôle de référence national et international. Cela passe par l’obtention de fonds permettant de s’appuyer sur des ressources humaines dédiées (ingénieurs pédagogiques, coordinateurs) et le soutien actif à la recherche en pédagogie, domaine où notre faculté brille déjà, en particulier sur le thème de l’intelligence artificielle (IA), par ses publications dans des revues prestigieuses comme le NEJM AIou Medical Teacher.
- Faire de l’IA un allié pédagogique : L’IA ne doit pas être subie mais maîtrisée. Il est indispensable de former les étudiants et les enseignants à ces outils. L’objectif est d’utiliser l’IA pour personnaliser l’apprentissage et libérer du temps pour le tutorat et les compétences humaines critiques. Nous avons la chance d’avoir des experts de ce domaine qui emmènerons toute la communauté vers cette révolution.
- Valoriser et accompagner la communauté enseignante : Il est important de redonner du sens au métier d’enseignant et de reconnaître l’investissement de chacun. Il sera important de soutenir spécifiquement les carrières de nos CCA qui seront nos futurs universitaires.
- Renforcer le dialogue avec les représentants étudiants : La pédagogie est une construction qui nécessite l’adhésion de tous. Je souhaite maintenir un échange régulier avec les élus étudiants, notamment pour encadrer les nouveaux usages comme l’intelligence artificielle par une charte commune, et s’assurer que les décisions du Conseil répondent aux réalités de leur formation.
L’idée est de passer d’une simple transmission de connaissances à une véritable conception d’expériences d’apprentissage, où l’innovation technologique sert l’excellence clinique et le respect de l’humain. La Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes doit maintenir sa tradition séculaire en s’appuyant sur cinq valeurs socles : la collégialité, la transparence, l’exigence, l’engagement et l’innovation.
- Qu’est-ce qui vous a motivé à vous présenter ?
Ma motivation est née d’un attachement immédiat pour cette faculté. Dès mon arrivée il y a 3 ans, j’ai été frappé par l’énergie et l’esprit d’innovation de notre communauté. J’ai été stimulé par un groupe de collègues incroyablement engagés qui partagent une vision commune : celle d’une pédagogie exigeante mais profondément humaine.
Je ne vois pas cette présidence comme une fin en soi, mais comme une posture de service. Je veux offrir mon expérience nationale et transversale pour animer ce projet collectif. C’est l’envie de contribuer à ce que la Faculté de Montpellier-Nîmes reste une référence nationale, tout en restant à l’écoute de chaque enseignant et de chaque étudiant, qui a dicté ma candidature.







