Cour d’Honneur

La cathédrale Saint-Pierre : une chapelle universitaire devenue forteresse

Le bâtiment universitaire est étroitement lié à la cathédrale Saint-Pierre, construite également sous l’égide d’Urbain V. Initialement une église universitaire, elle devient la cathédrale de Montpellier lors du transfert de l’évêché au début du XVIe siècle.
Lors des guerres de Religion, la cathédrale subit de lourds dommages. Les protestants la pillent et la mettent à sac, la laissant en ruines pendant près d’un siècle. Ce n’est qu’au XVIIe siècle que les évêques entreprennent sa reconstruction, ajoutant des éléments architecturaux comme de nouvelles fenêtres et des étages.
La cathédrale conserve aujourd’hui son caractère imposant avec un porche monumental, conçu pour impressionner et affirmer la puissance de l’Église. Ce porche, bien que n’ayant pas de véritable fonction défensive, ajoute à l’aura militaire du bâtiment.
Anecdotes

Choretto / Galerie du cloître

Ses 4 baies médiévales sont le vestige de l’ancien clôitre qui faisait le tour du collège Saint Benoît sur deux niveaux. On y disséqua à l’installation de la faculté après la Révolution, avant de le réattribuer à la cathédrale en 1823 !

Observer les 6 époques architecturales s’échelonnant sur 6 siècles

  • Style gothique occitan : les murs de la cour et les fenêtres étroites surmontées d’une forme avec trois demi-cercles (trilobe) datent du 14e siècle, comme la partie la plus ancienne de la cathédrale (église Saint Pierre, alors abbatiale du collège Saint Benoît) et ses 4 tours carrées dont une, la tour Urbain V, adjacente à la salle des actes de la Faculté, est restée intacte après le siège des protestants en 1567. Au dessus du toit de la salle des actes refait à partir du 17e siècle, on perçoit, lorsqu’on se place sur le marches extérieurs du theatrum, des alcoves correspondant aux anciennes chambres des étudiants, l’aile rue école de médecine étant dédiée aux étudiants à l’origine du bâtiment.
  • Style néo-gothique : la nef de la cathédrale avec la rosace ont été construites entre 1855 et 1875 ! Noter le changement de coloration des pierres. Les tuiles sont assez incongrues pour le Midi de la France, puisque vernissées, elles figurent plutôt l’architecture des hospices de Beaune !
  • Style néo-classique : le theatrum anatomicum commencé en 1802 et inauguré en 1806, on pourrait se rêver à imaginer qu’il rend hommage à la médecine antique grecque !
  • Style classique : les grandes baies à l’italienne de forme rectangulaire ont été creusées au 18e, lorsque les évêques réhabilitaient le bâtiment sévèrement endommagé par les guerres de religion. On note l’esprit d’ouverture et de lumière comparées aux baies médiévales dont certaines subsistent, à différents niveaux, permettant de comprendre par ailleurs les modifications opérées dans les différents niveaux d’étage.
  • Adjonctions récentes : on notera le grand escalier d’honneur construit dans la seconde moitié du 19e, et une partie récente construite entre la fin du 19e et le 20e, à l’angle gauche du theatrum, à la jonction avec l’aile Ouest du bâtiment, abritant les laboratoires d’une toute nouvelle discipline médicale émergeant à cette époque : l’histologie (l’étude des tissus, avec sa version pathologique, l’anatomie pathologique, ou « anapath »)

La transformation après la Révolution : de collège à faculté de médecine

Après la Révolution française, le bâtiment subit une transformation majeure. En 1795, avec la confiscation des biens de l’Église, l’ancien collège est attribué à la nouvelle École de Santé fondée en 1794. Ce transfert est symbolique, car il marque le retour à la vocation universitaire originelle du lieu, interrompue par la prise de possession du bâtiment par l’Évêque au cours de la Renaissance. Néanmoins, l’Evêque étant le chef suprême des universités, équivalent du recteur actuel (hiérarchiquement au dessus des chanceliers (doyens) de l’Université), l’évêché peut être considéré un peu comme le rectorat aujourd’hui. Il était ainsi fréquenté protocolairement par la communauté universitaire tout au long de l’année scolaire.

Le célèbre chimiste et homme politique Jean-Antoine Chaptal, qui a joué un rôle clé dans la réorganisation des institutions sous Napoléon, a facilité cette transformation. Chaptal est aussi à l’origine de nombreuses réformes industrielles et éducatives, et son portrait est situé dans la Salle des Actes.

Cliquer ici pour ajouter votre propre texte

Cliquer ici pour ajouter votre propre texte