Le parvis
La Faculté de Médecine de Montpellier, plus ancienne faculté au monde : un héritage préservé
Fondée le 17 août 1220, la Faculté de Médecine de Montpellier est la plus ancienne du monde.
Montpellier est la seule à avoir conservé son activité continue, même pendant la période troublée de la Révolution française. À cette époque, alors que toutes les universités de France sont fermées entre 1792 et 1794, la Faculté de Médecine de Montpellier parvient à maintenir ses activités grâce au soutien de la municipalité, remplaçant le financement royal.
Les archives de la faculté conservent encore les statuts de 1220, prouvant ainsi l’ancienneté et la continuité de cette institution. Ces statuts, rédigés sous l’égide du pape Honorius III, garantissent aux étudiants et aux enseignants un cadre juridique solide, précurseur de ce qui deviendra plus tard le système universitaire moderne.
Les statues de Barthez et de Lapeyronie : symboles de la médecine et de la chirurgie à Montpellier
Construite en 1742 avec le pont, l’entrée est encadrée depuis 1864 par des statues, figures emblématiques de la faculté. Le chirurgien Lapeyronie est représenté avec ses outils à ses pieds. Il est le cofondateur de l’Académie Royale de Chirurgie qu’il présida en tant que 1er chirurgien du Roi Louis XV auprès duquel il œuvra pour séparer définitivement le métier de barbier du métier de chirurgien, et élever ainsi les chirurgiens au rang académique, comme les médecins. Il finança par un leg à sa mort le collège royal de chirurgie de Montpellier, l’hôtel Saint Côme, sur le modèle parisien. A sa droite, Barthez, médecin philosophe des Lumières, théoricien de la doctrine vitaliste, considérée comme « néo-hippocratique », faisant le lien entre la médecine grecque antique et les sciences modernes émergeant au 18e. Lapeyronie et Barthez représentent l’alliance de la pratique et de la théorie, fondements de la médecine.
On remarquera également les symboles hippocratiques : le bâton d’Asclépios (Esculape chez les romains) au dessus de la porte, attribut du Dieu de la médecine, un bâton sur lequel s’enroule un serpent, symboles de longévité et de sagesse.
Le cadran solaire et l’inscription d’Hippocrate : une réflexion sur le temps et l’art médical
À proximité des statues de Barthez et de Lapeyronie se trouve un cadran solaire arborant une inscription en grec ancien, une citation célèbre d’Hippocrate : H TEXNH MAKPH (Ê teknê makrê) « L’art est long », constitutif du premier aphorisme d’Hippocrate (L’art est long, la vie est courte, l’occasion fugace, l’expérience trompeuse, et le jugement difficile.)Cette phrase fait référence à la difficulté et à la longueur de la formation médicale, une profession où l’apprentissage se poursuit tout au long de la vie.
Le cadran solaire est non seulement un symbole de la relation au temps dans l’exercice de la médecine, mais il rappelle également l’importance de la formation continue. En effet, même aujourd’hui, la formation médicale continue est un principe inscrit dans le code de déontologie, obligeant les médecins à se perfectionner tout au long de leur carrière.
Cette idée est centrale dans la tradition montpelliéraine : on ne cesse jamais d’apprendre en médecine. Le cadran solaire, avec son inscription, sert à rappeler aux étudiants et aux praticiens qu’il s’agit d’un engagement à vie. Cette perspective est également reprise dans la tradition montpelliéraine de la Faluche, où l’on choisit de ne pas enterrer sa faluche à la fin des études, symbolisant le caractère infini de l’apprentissage médical.
L’architecture défensive et la vie universitaire médiévale
Le bâtiment de la Faculté, construit à l’origine pour les étudiants, a une silhouette de forteresse en raison du contexte du XIVe siècle. À l’époque, la région est ravagée par les conflits de la guerre de Cent Ans et la menace constante des compagnies de mercenaires. Ce contexte explique la construction du bâtiment contre les remparts de la ville. En 1850, le bâtiment sera agrandi en construisant une nouvelle aile pour le conservatoire d’anatomie. Cette aile sera construite à l’emplacement des anciens remparts, détruits pendant le siège de Louis XIII en 1622. Reste le vestige de la tour des pins, parfaitement alignée sur l’aile du conservatoire d’anatomie.
Ces éléments défensifs, comme les machicoulis (éléments de défense en haut des murailles), ont été conservés ou reproduits pour rappeler le caractère militaire du lieu. Cependant, les machicoulis du conservatoire sont purement décoratifs, contrairement à ceux de la Tour des Pins.
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