4ème JOURNEE OCCITANE DE PSYCHOMOTRICITE : 21/11/26
Le samedi 21 novembre 2026, de 8h30 à 17h00, les Instituts de Formation en Psychomotricité de Montpellier et de Toulouse auront le plaisir d’organiser :
La 4ème Journée Occitane de Psychomotricité (JOP), campus de l’UFR STAPS de Montpellier
Cette édition de la JOP portera sur le thème « Psychomotricité et Psychiatrie », intégrant des éléments historiques et les avancées les plus récentes, tant chez l’enfant que chez l’adulte et la personne âgée. Cette journée pourra être diffusée parallèlement en visioconférence.
SAVE THE DATE !!
Découvrez notre édito, le préprogramme et l’appel à communication ci-dessous.
Vous pouvez vous inscrire via ce lien :

Nous vous espérons nombreux.
Editorial
Les relations entre psychomotricité et psychiatrie, deux disciplines voisines, trouvent d’abord leur origine dans l’histoire commune de leur sémiologie. En effet, il est depuis longtemps établi que de nombreuses personnes porteuses de troubles mentaux (dépression, schizophrénie, troubles anxieux, etc.) présentent des signes psychomoteurs qui incluent selon les contextes, une agitation psychomotrice, des impulsions, des stéréotypies, un ralentissement psychomoteur, une catatonie, des signes neurologiques doux, ou encore des déficits de perceptions et de communications non verbales impliquées dans les relations à autrui (Balsters et al., 2012 ; Deniker et al., 1990 ; Sanders & Keshavan, 1998 ; Walther, 2015). Bien avant Ajuriaguerra, les pionniers de la psychiatrie moderne — Griesinger, Kahlbaum, Wernicke, Kraepelin, Bleuler, Kleist puis Leonhard — accordaient à ces manifestations psychomotrices une place essentielle dans la description et la définition des troubles mentaux, et ce dès le milieu du XIXᵉ siècle pour certains d’entre eux.
Le virage opéré à la faveur de l’essor exponentiel de la psychopharmacologie dans le courant du XXe siècle a nettement contribué à diminuer l’intérêt porté aux manifestations psychomotrices en psychiatrie. D’autres évolutions plus idéologiques ont versé dans le réductionnisme le plus simpliste en considérant les troubles psychomoteurs comme exclusivement secondaires à la présence de psychopathologies ou de conflits inconscients. Or, si la présence de troubles psychomoteurs chez des patients porteurs initialement de troubles psychiatriques n’est pas une donnée nouvelle, elle n’implique pas nécessairement un rapport de causalité au sein duquel les troubles psychiatriques constituent l’élément causal des manifestations psychomotrices pathologiques ou atypiques.
De manière capitale, la directionnalité du rapport entre ces deux catégories peut aujourd’hui être envisagée de manière inversée : des travaux toujours plus nombreux attestent en effet des conséquences psychiatriques consécutives à la présence initiale de troubles psychomoteurs. Que l’on prenne pour exemples chez l’enfant le trouble développemental de la coordination (TDC), le trouble déficit d’attention/hyperactivité (TDAH), ou certaines formes de dystonies chez l’adulte, des recherches récentes suggèrent que ces troubles foncièrement psychomoteurs majorent nettement le risque d’apparition de troubles mentaux du point de vue des trajectoires développementales (Draghi et al., 2021 ; Eng et al., 2023 ; Escobar et al., 2023 ; Riglin et al., 2021).
Sur le plan international, l’intérêt porté aux manifestations psychomotrices s’est ravivé en psychiatrie depuis quelques années, y compris au niveau de leurs corrélats cérébraux (Lozano-Goupil et al., 2025 ; Morrens et al., 2017 ; Northoff et al., 2021 ; Walther, 2015 ; Walther & Heckers, 2024). Il en découle une expansion rapide des recherches dans le domaine, couplée à la lente réintroduction de signes psychomoteurs aux critères diagnostiques dans certaines classifications des troubles mentaux. D’un autre côté, les connaissances sur les troubles psychomoteurs et leurs conséquences psychopathologiques, y compris chez la personne âgée, ne cessent d’être documentées (ex. pour le TDAH chez la personne âgée : Fischer & Nilsen, 2024).
En plus des descriptions anciennes des pionniers de la psychomotricité qui remontent progressivement à la surface (Foucher et al., 2021), quels autres éclairages la recherche scientifique contemporaine apporte-t-elle sur les signes psychomoteurs au sein des pathologies psychiatriques ? Pourquoi et de quelles façons les troubles psychomoteurs impactent à terme la santé mentale chez des sujets exempts initialement de troubles psychiatriques ? Qu’apporte les études récentes à la compréhension de la sémiologie psychomotrice en psychiatrie et vice-versa ? Comment poser un nouveau regard sur les liens psychomotricité-psychiatrie et réinventer des pratiques psychomotrices à la lumière des données actuelles ?
Il devient évident que de nouvelles perspectives diagnostiques et thérapeutiques vont émerger à court terme, notamment à la faveur des nouvelles technologies et de l’IA, et que psychomotriciens, psychiatres, neurologues, et paramédicaux devraient se saisir des opportunités offertes par ce regard renouvelé sur les troubles psychomoteurs et psychiatriques. L’objectif ambitieux de cette 4ème JOP sera donc de permettre aux psychomotriciens et aux professionnels de santé de tous horizons d’actualiser leurs connaissances sur les liens psychomotricité-psychiatrie à tous les âges de la vie, et de définir les nouveaux contours des pratiques cliniques à venir.
Nous vous attendons nombreux et toujours dans une ambiance conviviale !
Pré-programme
9h00-9h40
Approche historique et épistémologique des liens Psychiatrie-Psychomotricité
Jean-Arthur MICOULAUD-FRANCHI
Psychiatre, Professeur des Universités – Praticien Hospitalier, chercheur au laboratoire SANPSY, CNRS / Université de Bordeaux
————————————–
9h40-10h10
Les manifestations psychomotrices dans les troubles psychiatriques

Clément de BILLY
Psychiatre de la personne âgée, Praticien Hospitalier, Centre de neuro-Modulation Non-Invasive de Strasbourg
Jack FOUCHER

Psychiatre, Neurologue, Professeur des Universités – Praticien Hospitalier, Centre d’Excellence sur les psychoses, Coordinateur du Centre de neuro-Modulation Non-Invasive de Strasbourg
————————————–
10h10-10h40
Les communications non-verbales dans la schizophrénie
Juliette LOZANO-GOUPIL

Post-doctorante en Psychologie Clinique à la Northwestern University, Chicago, USA
————————————–
10h40-11h15 : Pause-café
————————————–
11h15-11h45
Approche neurodéveloppementale en psychiatrie

Antoine LEFRERE
Psychiatre, Responsable du Centre Expert Bipolaire de l’AP-HM, chercheur à l’Institut de Neurosciences de la Timone, Aix-Marseille Université
————————————–
11h45-12h15
Conséquences psychopathologiques du TDAH sur les trajectoires développementales

Diane PURPER-OUAKIL
Professeure des Universités – Praticienne Hospitalière, responsable du Service de Médecine de Psychologie de l’Enfant et de l’Adolescent, Hôpital Saint-Eloi, CHU de Montpellier
————————————–
Après-midi
Résultats de l’étude d’Occitadys auprès des étudiants en formation autour du TDAH de l’enfant et de l’adolescent
Thiébaut-Noël WILLIG
Pédiatre, Président Occitadys, Toulouse
————————————–
Intervention psychomotrice dans le psycho-trauma
Audrey TIREAU
Psychomotricienne
————————————–
Résultats préliminaires de l’étalonnage de l’EPSiD (Evaluation des Signes neurologiques Doux)
Marie-Lou SERVANT, Jean-François CONNAN, Elodie MARTIN, Frédéric PUYJARINET
Psychomotricien.ne.s
Appel à communications
Vous souhaitez participer en tant que conférencier.e à la 4ème édition de la JOP organisée le samedi 21 novembre 2026 à Montpellier ? N’hésitez pas ! Nous vous invitons dès à présent à soumettre vos propositions de communications. Chaque présentation aura une durée de 20 minutes, suivie d’une discussion de 5 minutes avec les participants.
Les propositions de communications devront être envoyées au format suivant :
- Un titre (20 mots maximum)
- Un résumé du travail présenté (300 mots maximum)
- Cinq mots-clés
- Une liste de références bibliographiques au format APA 7ème édition (10 références maximum)
- En fin de document : des informations sur la ou les personne(s) qui soumet(tent) la proposition : Nom, prénom, profession, lieu d’exercice (pu institut de formation pour les étudiants), éventuelle liste de publications ou d’interventions sur d’autres journées de conférences
Les conférenciers seront exonérés des frais d’inscription.
Les propositions de communications sont à envoyer avant le 1er mai 2026 à Elodie Martin (elodie.martin1@utoulouse.fr) et Frédéric Puyjarinet (frederic.puyjarinet@umontpellier.fr).
Le comité scientifique incite par ailleurs professionnels et étudiants à soumettre des propositions de posters qui pourront être affichés tout au long de la journée. Là aussi, n’hésitez pas. Les nouvelles connaissances peuvent être transmises quels que soient les formats considérés !
Références
JH Balsters, M., J Krahmer, E., GJ Swerts, M., & JJM Vingerhoets, A. (2012). Verbal and nonverbal correlates for depression: a review. Current Psychiatry Reviews, 8(3), 227-234.
Draghi, T. T. G., Cavalcante Neto, J. L., & Tudella, E. (2021). Symptoms of anxiety and depression in schoolchildren with and without developmental coordination disorder. Journal of Health Psychology, 26(10), 1519-1527.
Eng, A. G., Phan, J. M., Shirtcliff, E. A., Eisenlohr-Moul, T. A., Goh, P. K., & Martel, M. M. (2023). Aging and pubertal development differentially predict symptoms of ADHD, depression, and impairment in children and adolescents: An eight-year longitudinal study. Research on Child and Adolescent Psychopathology, 51(6), 819-832.
Escobar, A. M., Pringsheim, T., Goodarzi, Z., & Martino, D. (2021). The prevalence of depression in adult onset idiopathic dystonia: systematic review and metaanalysis. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 125, 221-230.
Fischer, S., & Nilsen, C. (2024). ADHD in older adults–a scoping review. Aging & Mental Health, 28(9), 1189-1196.
Foucher, J. R., Jeanjean, L. C., de Billy, C. C., Pfuhlmann, B., Clauss, J. M., Obrecht, A., … & Hirjak, D. (2022). The polysemous concepts of psychomotricity and catatonia: a European multi-consensus perspective. European Neuropsychopharmacology, 56, 60-73.
Lozano-Goupil, J., Shankman, S. A., Walther, S., Wuethrich, F., Maher, R. E., Grzelak, L. N., & Mittal, V. A. (2025). Automatic quantification of hand gestures in current and remitted Major Depressive Disorder during oral expression. Journal of Affective Disorders, 389, 119684.
Morrens, M., Hulstijn, W., & Sabbe, B. (2007). Psychomotor slowing in schizophrenia. Schizophrenia Bulletin, 33(4), 1038-1053.
Northoff, G., Hirjak, D., Wolf, R. C., Magioncalda, P., & Martino, M. (2021). All roads lead to the motor cortex: psychomotor mechanisms and their biochemical modulation in psychiatric disorders. Molecular Psychiatry, 26(1), 92-102.
Riglin, L., Leppert, B., Dardani, C., Thapar, A. K., Rice, F., O’Donovan, M. C., … & Thapar, A. (2021). ADHD and depression: investigating a causal explanation. Psychological Medicine, 51(11), 1890-1897.
Sanders, R. D., & Keshavan, M. S. (1998). The neurologic examination in adult psychiatry: from soft signs to hard science. The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences, 10(4), 395-404.
Walther, S. (2015). Psychomotor symptoms of schizophrenia map on the cerebral motor circuit. Psychiatry Research: Neuroimaging, 233(3), 293-298.
Walther, S., & Heckers, S. (2024). Mapping psychomotor behavior in the brain. JAMA Psychiatry, 81(1), 7-8.







