Relation Patient – Soignant

La Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes tient particulièrement et depuis ses débuts à l’enseignement d’une médecine humaniste. Ainsi, elle a été parmi les facultés pionnières à se doter d’ateliers consacrés à la relation patients-soignants. Depuis 2013 un protocole de collaboration unique en son genre a été signé entre la Faculté de Médecine de Montpellier–Nîmes et l’École Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier. Les étudiants sont ainsi co-encadrés par des professionnels de santé et des arts dramatiques pour se préparer à des annonces de cas difficiles. Cette collaboration rend à ce jour, ce dispositif unique en France. Depuis l’ouverture du Campus Arnaud de Villeneuve en 2017, la Faculté a mis à disposition de ses étudiants des locaux spécialement dédiés à cet enseignement.

2013

année de création du dispositif

250

étudiants environ formés chaque année

2066

étudiants formés depuis le début du dispositif

Une pédagogie humaniste au service de la relation patient-soignant

La Faculté de Médecine propose à ses étudiants de 4e année un atelier obligatoire unique dans le cadre d’un de leur module d’enseignement de la cancérologie. Cet atelier de 4h permet aux étudiants de se préparer à l’expérience de première annonce difficile, devant des acteurs jouant des patients et leurs proches, un metteur en scène et un professeur de médecine. 

Afin de garantir une expérience complète et optimale, les étudiants participent à ces ateliers en petit groupe de 15 apprenants, maximum. Il se préparent à une annonce difficile selon 4 scenarii :

  • Première annonce de cancer
  • Annonce de récidive d’un cancer traité
  • Annonce aux parents d’un cancer de l’enfant
  • Annonce d’arrêt des traitements spécifiques et passage en soins palliatifs

Déroulement d’un atelier selon le rapport pédagogique 2018

Déroulement de l’Atelier

Il s’agit d’un atelier d’initiation préparatoire à la relation patient-soignant : un passage du théorique à une première expérience pratique : Comment énoncer clairement, brièvement et publiquement un cas médical, sa problématique et son contexte relationnel ?

L’atelier comprend plusieurs phases : Aller chercher le patient en salle, se présenter, le nommer, le convier à son bureau selon différentes situations d’annonces, ou encore la consultation du malade alité à l’hôpital.

Les étudiants en médecine ne sont ni jugés, ni analysés, ni évalués en tant que personne, ni sur leur savoir ou leurs compétences. L’objectif est de faire en sorte que cette expérience soit une initiation pratique et clinique qui les ouvre à leur métier et futures responsabilités. Ils apprennent autant en se livrant à l’exercice de passer une scène, qu’à observer ceux qui passent.

Objectifs de l’Atelier

Il s’agit d’initier les étudiants aux conditions d’urgence et d’immédiateté de la société contemporaine. Mettre en valeur leurs qualités et aptitudes mais aussi signaler des points de faiblesse, relever des erreurs cliniques, agir sur la qualité de présence comme ralentir la vitesse d’élocution ou encore éviter des mots malheureux qui leur échappent dans leurs relations aux malades. L’atelier pour étudiants est inductif dans une dialectique constante de passage du pratique au théorique en contournant craintes et préjugés.

Le professeur de médecine présent et le metteur en scène donnent leurs opinons et conseils sur le terrain selon leurs expertises respectives. Les quinze étudiants vont se répartir selon trois groupes, afin d’incarner des expériences d’annonce. Les formateurs ont choisi la cancérologie car elle est socialement emblématique de toutes les tensions, craintes, douleurs et difficultés relationnelles.

  • Groupe 1 : Une première annonce de cancer à une personne (sein, utérus, prostate, poumon, peau, foie, côlon etc.).
  • Groupe 2 : Annonce d’une récidive de cancer et donc se confronter le désarroi, refus, déni, etc. des malades et leurs proches.
  • Groupe 3 : Annonce à des parents de la leucémie ou de la tumeur cancéreuse de leur enfant. Ou encore : Annonce à une personne seule ou accompagnée, sur un lit d’hôpital, ou au bureau, de l’arrêt des traitements visant la guérison pour un passage à des soins palliatifs.

Un rituel commun aux trois équipes

Le metteur en scène décide du cas mais non de la personne. L’étudiant en médecine doit clairement et dans une posture corporelle de verticalité (sans mains dans les poches, sans jambes croisées ni agitées, sans hésitation ni cafouillage) annoncer :

  1. Son nom et prénom,
  2. Le cas médical,
  3. Le sexe de la personne malade, son âge,
  4. La situation sociale, intime du patient, seule accompagnée etc.
  5. Il doit ensuite aller dans la salle d’attente, se présenter et saluer le malade avec ou sans accompagnant d’une poignée de mains.

Sur quoi travaillent les étudiants et les formateurs ?

Le professeur en médecine présent intervient sur le contenu médical et explique s’il y a erreurs ou confusions.

Le metteur en scène travaille sur la qualité de la poignée de mains au départ, la position corporelle, le dire du texte, les distances, le rythme et la prestation spécifique de chacun. Des choses simples mais basiques : Expliquer par un dessin ou sur écran ce que le malade n’entend plus ou ne comprend pas ; ou encore comment changer de place pour être au chevet du malade agonisant.

Bilan

A la fin de l’Atelier, chaque étudiant répond oralement aux deux questions suivantes :

  • Qu’ai-je appris de moi-même au cours de mon passage ?
  • Qu’ai-je appris en observant les autres étudiants ?

Ce qui demeure fondamental dans cette initiation aux étudiants en médecine n’est pas le savoir médical déployé (bien que toute erreur ou égarement soient signalés par le professeur de médecine présent) mais la façon dont chaque futur médecin rencontrera et traitera chaque cas d’annonce.

À l’issue de cette séance les étudiants nous confient qu’ils comprennent en quatre heures d’intervention, d’écoute et d’observation et d’action « sur le terrain »  ce qu’aucun cours théorique ne peut leur offrir soit : l’humanisation de la relation médecin malade, son éthique vivante, face à ce que vivent les malades et leurs accompagnants, amis ou famille.

Ces ateliers ont concerné l’ensemble des 250 étudiants de 4ème année avec présence obligatoire